Erika Quimper Formation
Erika Quimper formation

Entrevue avec la revue Spa Quebec .

TNT COMMUNICATIONS / SPA QUÉBEC
06.11.24 Dec. 06 issue • Rencontre avec...Erika Quimper

Erika Quimper Le Feu sacré

Formatrice agréée, Erika Quimper est avant tout une femme de cœur, mue par une passion sans bornes. Esthéticienne, enseignante, spécialiste de l’assurance santé, son parcours hors du commun présente toutefois un élément constant : le besoin d’aider les gens qu’elle touche...

Erika, votre parcours dans le domaine des soins à la personne est très original,
comment cela a-t-il commencé ?

Les émissions de télévision animées par Edith Serei ont sans aucun doute déterminé mon choix professionnel. Dès l’âge de 15 ans je me suis sentie interpellée par l’enseignement qu’elle transmettait. Cette femme au charisme peu commun perçait l’écran, entrait dans les maisons pour transmettre sa passion et son art.

Un jour j’ai dit à ma mère : “ C’est ça que je veux faire, exactement la même chose qu’elle. ”
Vous savez, je viens d’une famille où les grandes études étaient très valorisées, et mes parents se faisaient un devoir de nous donner accès à l’université. On me considérait un peu comme une artiste, une originale.

À l’âge de 18 ans j’ai réalisé mon rêve, j’ai fais mon entrée à l’école édith Serei de Québec. Quel bonheur ! J’ai eu une enseignante extraordinaire en la personne de Lorraine Caron, qui est d’ailleurs toujours présente dans le domaine de l’esthétique. Cette femme m’a transmis sa passion et le goût du dépassement.

En plus de mon intérêt pour les soins esthétiques, j’ai eu une vraie révélation lorsque j’ai été introduite à l’étude des tempéraments humains. Je me rappelle m’être dit intérieurement :
“ Un jour ce sont ces connaissances que je vais enseigner. ”

J’ai pratiqué l’esthétique pendant 10 ans. J’aimais les défis, tous les cas compliqués venaient à moi. J’ai traité des cas d’acné graves, les clientes me disaient : “ J’ai tout essayé, vous êtes ma dernière chance. ” En leur recommandant de modifier certaines de leurs habitudes de vie et en suivant mes protocoles de soins, elles obtenaient des résultats inespérés.

Comment en êtes-vous venue à l’enseignement ?
Après ces années de pur plaisir, j’ai senti le besoin de transmettre mon expérience. Je me suis installée à Montréal en 1984 afin d’occuper un poste d’enseignante à l’école Edith Serei. Je voulais que mes étudiantes trouvent un sens à leur apprentissage, qu’elles arrivent préparées sur le marché du travail. En plus de leur transmettre ma passion je voulais les conscientiser au privilège qu’elles vivraient, celui de toucher les êtres physiquement.

Quelques années plus tard, une autre belle opportunité s’offre à moi : un poste de formatrice chez un distributeur en vogue. C’est là que j’ai découvert mon plein potentiel : celui de former. Le fait d’aider des professionnelles expérimentées à se développer me procurait un réel défi. Dans le but de perfectionner mes connaissances j’ai amorcé des études plus avancées en naturopathie, en psychologie de la femme et en nutrition.

Mais suite à ce beau cheminement pourquoi avez-vous quitté l’esthétique ? Je n’ai pas vraiment quitté l’esthétique. J’ai cessé la pratique de l’esthétique. Quand vous êtes esthéticienne de cœur, vous pouvez quitter le milieu mais l’esthéticienne en vous attend patiemment votre retour.

Après 18 ans de pratique, d’enseignement et de formation j’ai tout à coup eu besoin de développer d’autres facettes de ma personnalité, de découvrir d’autres milieux, d’autres énergies, simplement pour me prouver que je pouvais faire autre chose et y trouver une satisfaction. J’avais l’impression que j’avais fait le tour. à moins d’avoir mon propre institut, que pouvais-je faire d’autre ?

C’est alors que, un peu par hasard, j’ai bifurqué dans le domaine des services financiers. Travailleuse autonome, parachutée dans un monde d’hommes, j’ai découvert que l’on pouvait toucher les gens sans les toucher physiquement. Parler de retraite, d’argent, de sécurité financière fait aussi parler les émotions.

Compte tenu de mon vécu, je me suis spécialisée en assurance santé. Dans les faits je me suis retrouvée à analyser les besoins financiers des gens et à leur transmettre mes recommandations. Même principe qu’en esthétique : vous observez et vous conseillez.

Les clients me disaient souvent : “ Vous ne ressemblez pas beaucoup aux autres, vous êtes différente. ” J’attirais les confidences et la confiance. Vous savez, quand vous avez été esthéticienne, peu importe le métier que vous ferez, il sera toujours teinté de votre parcours de vie.

Qu’est- ce que vous retirez de cette expérience ?
J’ai apprécié cette carrière, elle m’a aidé à établir un équilibre. J’ai acquis des connaissances en gestion financière, très utiles pour le développement d’une entreprise. J’ai côtoyé des gens de tous les milieux. J’ai connu une autre forme d’intimité. Sur un plan plus personnel, j’ai rencontré l’amour de ma vie; ce n’est vraiment pas banal.

Malgré ma grande implication dans cette industrie je restais toujours en contact avec mes amies de l’esthétique et j’ai donné plusieurs conférences s’adressant à elles ou aux gens du milieu. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas l’impression d’avoir quitté le domaine.

Vous me parlez de vos conférences, de quels sujets traitiez vous ?
Je vous parlais un peu plus tôt de ma passion pour l’étude des humains. J’ai fait des recherches en morphologie et sur les tempéraments humains. à partir de mes conclusions, j’ai préparé des ateliers sur la vente, le service à la clientèle et la communication basée sur l’étude morphologique. J’ai obtenu rapidement beaucoup de succès, surtout auprès des enseignants de tous les niveaux car je leurs apportais une autre façon d’intervenir auprès de leurs étudiants.

C’est d’ailleurs suite à ce succès que vous avez démarré votre entreprise ?
Tout a fait. Sensible aux états d’être des individus et en utilisant tout mon bagage, j’ai voulu en faire un tout. C’est certain que je m’adresse davantage à un public féminin. Comme je dis toujours, ce sont majoritairement les femmes qui amènent les changements et créent l’action autour d’elles. En donnant des formations et des conférences, les gens souvent tentent de venir en consultation pour améliorer leur mieux–être. J’ai vraiment le goût de les aider à s’épanouir, de contribuer à une meilleure estime de soi.

Quand on s’aime on n’enterre plus nos désirs. On se respecte davantage dans nos prises de décision. On ne se cache plus derrière de fausses raisons.

Quand j’analyse les motivations cachées pour lesquelles les femmes consultent une professionnelle de l’esthétique, c’est presque toujours lors d’une transition importante : après un accouchement, une séparation, une nouvelle union, lors de la ménopause.

Dans la vie, parfois une simple rencontre où l’on se sent comprise peut faire toute la différence. Si je peux contribuer de manière significative à l’évolution des professionnelles de l’esthétique, j’aurai réussi ma mission de vie !

Avez-vous un message pour les esthéticiennes qui n’ont pas encore trouvé leur mission ? Je crois que de se trouver un mentor est très important. Un homme ou une femme dont la trajectoire inspire. C’est prouvé : l’humain se développe et agit en fonction d’un modèle de façon consciente ou inconsciente. Ainsi, aussi bien s’en trouver un et un bon.

Quand nous ressentons un malaise professionnel, il est intéressant de revenir à la raison première de notre choix de carrière et d’y retrouver la valeur profonde qui s’y cache. Parfois on découvre un feu d’artifice que l’on a permis aux autres d’éteindre. Il faut le reprendre ce feu et lui redonner vie ! Qui sait, il lui poussera peut-être des ailes ! • MF

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